Dévoilement à Paris d’une plaque commémorative en l’honneur des victimes du massacre de la ville de Laghouat
À partir du 21 novembre 1852, un détachement de six mille hommes de l’armée française, sous le commandement du général Pélissier, assiège la ville de Laghouat, cité rebelle à la colonisation au pied de l’Atlas algérien et aux portes du désert, puis la prend le 4 décembre. Les militaires du Second-Empire se livrent alors à un terrible et gigantesque massacre de la population civile que nous qualifierions aujourd’hui de crime de guerre. Quelques années plus tôt, dans le cadre de la répression de la lutte armée pour l’indépendance de l’Algérie menée par l’Émir Abdel Khader, le maréchal Bugeaud, auteur de la tuerie du peuple de Paris rue Transnonin en 1834, couvre les enfumades auxquelles procèdent Canrobert contre les Sbéhas, en 1844, et Pélissier dans le Dhara, en 1845. Un siècle plus tard, Les Crimes de l’armée française, pour reprendre le titre du livre de Pierre Vidal-Naquet publié en 1975, se poursuivront de 1954 à 1962, durant la guerre d’Indépendance de ce pays.
L’historien Pierre Mansat, avec le concours d’un descendant d’un survivant de la tuerie de 1852, anime un collectif ayant pour objet de sortir cet événement tragique de l’oubli où il est tombé depuis longtemps. La seule trace mémorielle qu’il avait laissée date de 1864 : au moment du rattachement de la commune de La Chapelle au nouveau Paris du baron Haussmann les autorités municipales du Second-Empire donnent le nom de Laghouat à une rue du XVIII° arrondissement pour célébrer la victoire criminelle du 4 décembre 1852. L’obstination de Pierre Mansat a porté ses fruits : le 4 décembre 2024, la municipalité parisienne, représentée par une adjointe à la Maire de Paris, une élue du XVIII° et le sénateur de Paris Ian Brossat, a inauguré une plaque rappelant le massacre de la population civile de Laghouat.
La Libre Pensée a participé à cette cérémonie au cours de laquelle ne pouvait que parvenir pour ses représentants l’écho de l’intervention à caractère génocidaire de l’État d’Israël à Gaza. Elle s’inscrit ainsi un peu plus dans l’activité de rétablissement de la vérité sur la colonisation en général et celle de l’Algérie en particulier. Grâce à la mobilisation de plusieurs collectifs, les murs, les ponts et les rues de Paris rappellent peu à peu les horreurs qu’a connues le pays de l’Émir Abdel Khader et de Méssali Hadj : le massacre de Laghouat du 4 décembre 1852 ; le meurtre de six militants du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) et d’un membre du PCF du 14 juillet 1953 ; la tuerie du 17 octobre 1961 au cours de laquelle deux cents membres du Front de libération nationale (FNL) ont été sauvagement tués par la police parisienne aux ordres de Maurice Papon.
Dominique Goussot, Vice-Président de la Libre Pensée
PALESTINNE NANTES APM

