Christophe Bitaud (C.B.) : – Divers aspects de la pensée contemporaine. Aujourd’hui, la Libre Pensée. Au micro, Christophe Bitaud, vice-Président de la Libre Pensée.
Octave Mirbeau, c’est une ambiance, des personnages, des mots, des répliques, qui passent au tamis la misère humaine. C’est une plume – et quelle plume ! Mirbeau, c’est aussi incontestablement un libre penseur. Pour en parler aujourd’hui, j’ai invité Alain (Georges) Leduc, écrivain, critique d’art, secrétaire de la société Octave Mirbeau.
Alain, bonjour !
Et Roland Timsit, comédien et metteur en scène.
Bonjour Roland !
Alors, ma première question va s’adresser à Alain. Qui était Octave Mirbeau ? Quelle était sa vie ? Quelle était son œuvre ?
- Alain (Georges) Leduc (A. (G.) L. : – Sa vie est fermement circonscrite en deux dates : 1848-1917. Il nait une année révolutionnaire. Et puis, il meurt au moment des grandes boucheries de Verdun. C’est quelqu’un qui ne se qualifiait pas comme polygraphe, comme le fera d’ailleurs Apollinaire qu’il fréquentait. Il meurt un an avant Apollinaire. C’est quelqu’un qui se définit – ou qui est défini – comme pamphlétaire, par certaines mauvaises langues, ou à juste titre ; quelqu’un qui est écrivain, romancier, essayiste, critique d’art – et qui va écrire sur la jeune peinture naissante, notamment sur les impressionnistes et Van Gogh, mais j’y reviendrai. Il y a peut-être une manière de le définir, en l’écoutant, en quelques lignes. Octave Mirbeau endossait sans aucun scrupule son statut de « gentleman vitrioleur », comme je l’appelle. Et puis, « le riche [c’est-à-dire le gouvernement] est toujours aveuglement contre le pauvre. Eh bien, je suis, moi, aveuglément aussi et toujours, avec le pauvre contre le riche, avec l’assommé contre l’assommeur, avec le malade contre la maladie, avec la vie contre la mort ». C’est un extrait de La 628-E8 qui est un de ses derniers romans – j’y reviendrai tout à l’heure. Plaidoyer pro domo, sans doute, Mirbeau déclarait – je trouve cette formule extraordinaire : « Je suis né dans le Calvados et j’adore la vie ».
- C.B. : – Alors, nous allons commencer par un premier extrait qui va être lu par Roland – un premier extrait qui met en lumière l’antimilitarisme d’Octave Mirbeau :
- R. T. :
« J’ai toujours retenu cette phrase de Tolstoï : « Quand je songe qu’il existe des hommes qui osent juger des hommes, je suis épouvanté et un grand frisson me prend. »
Or, pensez à ce que doit être le frisson du grand écrivain quand ces hommes – qui osent juger des hommes – sont, par surcroît, des militaires ! J’ai connu ce frisson, moi aussi.
Je ne conçois donc qu’une réforme à apporter dans le fonctionnement des tribunaux militaires : leur suppression. Vous voyez que c’est une réforme radicale.
Et, dans mon désir d’absolu, j’en dirais bien autant de tous les autres tribunaux. Car, le jour où il n’y aura plus de juges – militaires ou civils – rien ne s’opposera désormais à ce que la justice descende, enfin, sur la terre ».
- C.B. : – Je me retourne de nouveau vers Alain pour lui demander quels sont les liens d’Octave Mirbeau avec la Libre Pensée. Alors, ma question englobe tout aussi bien la Libre Pensée en tant qu’organisation, mais aussi, je dirais, la pensée libre, en tant que méthode.
- A. (G.) L. : – Alors, il n’est pas stricto sensu, à ma connaissance, adhérent à la Libre Pensée en tant qu’organisation. Mais il est libre penseur par tous les pores de sa peau. C’est quelqu’un qui est, à la fois, dans cette méthode de refus des idées reçues, de refus du dogme, des idées et des convictions établies, je dirais, assommées à coup de marteau. C’est quelqu’un qui est dans sa tête libre, et libre dans sa tête. C’est quelqu’un qui va basculer vers l’anarchie en 1885 à la lecture des romans et des textes de Tolstoï qui viennent d’être traduits ; et c’est la lecture des grands romanciers russes qui va le déterminer dans ses prises de position, mais aussi dans ses amitiés avec de grands anarchistes de l’époque, dont l’un s’appelle J. Grave et qui va être emprisonné à Sainte-Pélagie. Et Mirbeau, qui gagne de l’argent par son travail de journaliste notamment, va lui envoyer des subsides et aider sa famille pendant qu’il est en prison – dans cette prison de Sainte-Pélagie, à Paris.
- C.B. : – Le second extrait que nous allons écouter maintenant est un texte éminemment anarchiste – puisque Alain (Georges) Leduc a parlé de l’engagement anarchiste de cet écrivain – et j’ajouterais même : oh combien d’actualité ! –, puisqu’il s’agit de La Grève des électeurs.
- R. T. :
« Une chose m’étonne prodigieusement — j’oserai dire qu’elle me stupéfie — c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose.
Il est bien entendu que je parle ici de l’électeur averti, convaincu, de l’électeur théoricien, de celui qui s’imagine, le pauvre diable, faire acte de citoyen libre, étaler sa souveraineté, exprimer ses opinions, imposer – ô folie admirable et déconcertante – des programmes politiques et des revendications sociales ; et non point de l’électeur «qui la connaît» et qui s’en moque, de celui qui ne voit dans «les résultats de sa toute-puissance» qu’une rigolade à la charcuterie monarchiste, ou une ribote au vin républicain. Sa souveraineté à celui-là, c’est de se pocharder aux frais du suffrage universel. Il est dans le vrai, car cela seul lui importe, et il n’a cure du reste. Il sait ce qu’il fait. Mais les autres ?
Ah ! oui, les autres ! Les sérieux, les austères, les peuple souverain, ceux-là qui sentent une ivresse les gagner lorsqu’ils se regardent et se disent : «Je suis électeur ! Rien ne se fait que par moi. Je suis la base de la société moderne. (…) Comment, si entêtés, si orgueilleux, si paradoxaux qu’ils soient, n’ont-ils pas été, depuis longtemps, découragés et honteux de leur œuvre ? (…)
A quel sentiment baroque, à quelle mystérieuse suggestion peut bien obéir ce bipède pensant, doué d’une volonté, à ce qu’on prétend, et qui s’en va, fier de son droit, assuré qu’il accomplit un devoir, déposer dans une boîte électorale quelconque un quelconque bulletin, peu importe le nom qu’il ait écrit dessus ? – Qu’est-ce qu’il doit bien se dire ? (…) Qu’est-ce qu’il espère ? (…) Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit.
Ô bon électeur, inexprimable imbécile, pauvre hère, si, au lieu de te laisser prendre aux rengaines absurdes que te débitent, chaque matin, pour un sou, les journaux grands ou petits, bleus ou noirs, blancs ou rouge, et qui sont payés pour avoir ta peau ; si au lieu de croire aux chimériques flatteries dont on caresse ta vanité, dont on entoure ta lamentable souveraineté en guenilles, si, au lieu de t’arrêter, éternel badaud, devant les lourdes duperies des programmes, si tu lisais parfois, au coin de ton feu, Schopenhauer et Max Nordau (…) peut-être apprendrais-tu des choses étonnantes et utiles.(…)
L’homme que tu élèves ne représente ni ta misère, ni tes aspirations, ni rien de toi ; il ne représente que ses propres passions et ses propres intérêts, lesquels sont contraires aux tiens. (…) Toutes les époques se valent, et aussi tous les régimes, c’est-à-dire qu’ils ne valent rien. Donc, rentre chez toi, bonhomme, et fais la grève du suffrage universel. Tu n’as rien à y perdre, je t’en réponds ; et cela pourra t’amuser quelque temps. Sur le seuil de ta porte, fermée aux quémandeurs d’aumônes politiques, tu regarderas défiler la bagarre, en fumant silencieusement ta pipe.
Et s’il existe, en un endroit ignoré, un honnête homme capable de te gouverner et de t’aimer, ne le regrette pas. Il serait trop jaloux de sa dignité pour se mêler à la lutte fangeuse des partis, trop fier pour tenir de toi un mandat que tu n’accordes jamais qu’à l’audace cynique, à l’insulte et au mensonge.
Je te l’ai dit, bonhomme, rentre chez toi et fais la grève ».
C.B. : – Alain, dans un récent article paru dans La Raison, le mensuel de la Libre Pensée, tu évoques – et tu en as parlé tout à l’heure – le « grand tournant » vers l’anarchie, d’Octave Mirbeau, vers 1885. Quels étaient les combats et les idées politiques de Mirbeau avant et après cette date ?
A. (G.) L. : – Oui. D’abord le texte que vient de lire Roland était publié – ça paraît étonnant quand on voit ce qu’est devenu ce titre – dans Le Figaro le 28 novembre 1888. Avant ce tournant de 1885 qui va officiellement se confirmer à partir de 1890, je dirais, sans vouloir blesser sa mémoire, que Mirbeau, c’est un peu tout et n’importe quoi. Disons qu’il gagne sa vie… Il a fait du droit. Il gagne sa vie pour rédiger des discours pour des hommes politiques – je dirais même des politicards – qui sont tous des réactionnaires, dans le sens moderne du terme – qui sont royalistes, ou qui sont bonapartistes. A un moment, il est même responsable du cabinet du préfet de l’Ariège, qui est un homme très nettement situé à droite. Et puis, il y a un triste épisode de quelques mois où il va diriger comme rédacteur en chef un journal antisémite qui s’appelle Les Grimaces. Mais il va s’en racheter noblement – on le verra – par son attachement à Dreyfus, à l’Affaire Dreyfus. Il va être le bras droit, le second, de Zola dans tous les combats pour Dreyfus pendant des années, jusqu’à la réhabilitation du capitaine. Et notamment, je ne donnerai qu’un exemple : lors du second procès d’Alfred Dreyfus, le 5 août 1899, à Rennes, Mirbeau s’y déplace et il est descendu en compagnie d’Alice, son épouse, transformée en photographe. Et le 8 août 1898, il se rendra à Versailles pour payer de sa poche, devant huissier, les 7 525 francs or de l’amende à laquelle Emile Zola avait été condamné pour diffamation. C’est-à-dire que Zola, à ce moment-là, est dans une dèche totale. Il est étranglé. Mirbeau, qui travaille dans la grande presse parallèlement, a de l’argent et il va s’engager jusqu’à ce point de détail ; comme il l’avait fait pour Grave en l’aidant à sa prison, ou bien d’autres personnes.
C.B. : – Aujourd’hui, à juste titre, on parle beaucoup de la pédophilie au sein de l’Eglise catholique et, avec son roman, Sébastien Roch, on peut dire que Mirbeau fut un précurseur dans la dénonciation des turpitudes cléricales. Quel était l’aspect anticlérical d’Octave Mirbeau ?
A. (G.) L. : – Alors, Mirbeau, comme beaucoup de rejetons de cette toute petite bourgeoisie provinciale et particulièrement normande, va aller faire ses classes, dans le premier sens du terme, au Collège de Vannes, qui est un collège de jésuites. Donc c’est assez loin de chez lui, mais là se retrouvent les rejetons de la petite et moyenne bourgeoisie bretonne. Et là, il va être assailli, d’abord aimablement – il va avoir confiance dans cette personne – par son maître qui suit ses études (Mirbeau a 13 ou 14 ans) et celui-ci va lui apprendre beaucoup de choses. Et, dans le roman Sébastien Roch, on voit que c’est très contradictoire, ce qui se passe avant, ce qui se passe après, l’événement tragique. Et puis cet homme va abuser de lui. Il deviendra d’ailleurs, par la suite, le conseiller, au moment de l’Affaire Dreyfus, du Haut-état-major. Ce qui montre bien aussi la continuité, je dirais, dans ses pulsions et dans ses engagements politiques.
C.B. : – Eh bien, passons maintenant à un texte anticlérical d’Octave Mirbeau !
R. T. :
« J’ai été dans un établissement religieux, chez les jésuites de Vannes.
De cette éducation, qui ne repose que sur le mensonge et sur la peur, j’ai conservé très longtemps toutes les terreurs de la morale catholique. Et c’est après beaucoup de luttes, au prix d’efforts douloureux, que je suis parvenu à me libérer de ces superstitions abominables par quoi on enchaîne l’esprit de l’enfant pour mieux dominer l’homme plus tard. Je n’ai qu’une haine au cœur, mais elle est profonde et vivace : la haine de l’éducation religieuse.
Il existe, dans certains pays, des fabriques de monstres. On prend, à sa naissance, un enfant normalement conformé, et on le soumet à des régimes variés et savants de torture et de déformation pour atrophier ses membres et, en quelque sorte, déshumaniser son corps. On peut voir de ces spécimens hideusement réussis dans les exhibitions américaines et dans les pèlerinages de Lourdes et de Sainte-Anne d’Auray.
Les jésuites, en général tous les prêtres, font pour l’esprit de l’enfant ce que ces impresarii de cirques laïques et de pèlerinages religieux font pour son corps. Les maisons d’éducation religieuse, ce sont des maisons où se pratiquent ces crimes de lèse-humanité. Elles sont une honte et un danger permanent.
C’est pourquoi, étant partisan de toutes les libertés, je m’élève avec indignation contre la liberté d’enseignement, qui est la négation même de la liberté tout court… Est-ce que, sous prétexte de liberté, on permet aux gens de jeter du poison dans les sources?… ».
La Revue blanche, 1er juin 1902
C.B. : – L’écrivain Octave Mirbeau est sans doute trop méconnu de nos jours. Plus nombreux, certainement, sont ceux qui connaissent l’adaptation cinématographique du Journal d’une femme de chambre, notamment par Buñuel. Peux-tu, Alain, rapidement nous parler de l’érotisme et du féminisme chez Mirbeau ?
A. (G.) L. : – Alors, je ne parlerais pas d’«érotisme» qui, me semble-t-il, est un terme qui ne convient pas. Mais l’œuvre de Mirbeau tourne toujours autour de la question sexuelle, les questions libidinales. J’en veux pour preuve peut-être son roman majeur : il se trouve qu’il publie sur deux ans, en 1899 et en 1900, le Journal d’une femme de chambre, auquel tu viens de faire référence. Et, bien sûr, ce livre qui traite de la torture en Asie dans le bagne de Canton, qui s’intitule Le Jardin des supplices. Et là, on a par exemple la traversée de ce jardin, décrit par Clara, avec des fleurs phalliques, pris à pic, puis on a une forme d’expression sadomasochiste, à travers les tortures, dont une, d’ailleurs, est reprise par Freud, dans L’Homme aux rats, par le biais de son patient qui a lu Mirbeau et qui cite ses fantasmes et ses obsessions. Et là, on a affaire à des descriptions absolument terrifiantes, mais qui lui permettent de parler, en fait, du colonialisme.
C.B. : – Nous allons donc clore cette émission, puisqu’il va être l’heure de nous quitter, par un extrait – un extrait du Journal d’une femme de chambre : les célèbres bottines.
R.T. :
« — Vous en avez d’autres ?…, me demanda-t-il, après un court silence, pendant lequel il me sembla que son regard était devenu étrangement brillant.
— D’autres noms, Monsieur ?
— Non, mon enfant, d’autres bottines…
Et il passa, sur ses lèvres, à petits coups, une langue effilée, à la manière des chattes.
Je ne répondis pas tout de suite. Ce mot de bottines, qui me rappelait l’expression de gouaille polissonne du cocher, m’avait interdite. Cela avait donc un sens ?… Sur une interrogation plus pressante, je finis par répondre, mais d’une voix un peu rauque et troublée, comme s’il se fût agi de confesser un péché galant :
— Oui, Monsieur, j’en ai d’autres…
— Des vernies ?
— Oui, Monsieur.
— De très… très vernies ?
— Mais oui, Monsieur.
— Bien… bien… Et en cuir jaune ?
— Je n’en ai pas, Monsieur…
— Il faudra en avoir… je vous en donnerai.
— Merci, Monsieur !
— Bien… bien… Tais-toi !
J’avais peur, car il venait de passer dans ses yeux des lueurs troubles… des nuées rouges de spasme… Et des gouttes de sueur roulaient sur son front… Croyant qu’il allait défaillir, je fus sur le point de crier, d’appeler au secours… mais la crise se calma, et, au bout de quelques minutes, il reprit d’une voix apaisée, tandis qu’un peu de salive moussait encore au coin de ses lèvres :
— Ça n’est rien… c’est fini… Comprenez-moi, mon enfant… Je suis un peu maniaque… À mon âge, cela est permis, n’est-ce pas ?… Ainsi, tenez, par exemple je ne trouve pas convenable qu’une femme cire ses bottines, à plus forte raison les miennes… Je respecte beaucoup les femmes, Marie, et ne peux souffrir cela… C’est moi qui les cirerai, vos bottines, vos petites bottines, vos chères petites bottines… C’est moi qui les entretiendrai… Écoutez bien… Chaque soir, avant de vous coucher, vous porterez vos bottines dans ma chambre… vous les placerez près du lit, sur une petite table, et, tous les matins, en venant ouvrir mes fenêtres… vous les reprendrez.
Et, comme je manifestais un prodigieux étonnement, il ajouta :
— Voyons !… Ça n’est pas énorme, ce que je vous demande là… C’est une chose très naturelle, après tout… Et si vous êtes bien gentille…
Vivement, il tira de sa poche deux louis qu’il me remit.
— Si vous êtes bien gentille, bien obéissante, je vous donnerai souvent des petits cadeaux. La gouvernante vous paiera, tous les mois, vos gages… Mais, moi, Marie, entre nous, souvent, je vous donnerai des petits cadeaux ».
C.B. : – Eh bien, nous allons nous quitter sur ces paroles, sur ces mots d’Octave Mirbeau. Et il me reste à remercier mes invités, Alain (Georges) Leduc et Roland Timsit, ainsi que, à la réalisation Peire Legras, avec la collaboration de Claire Poinsignon, ainsi que Bernard Laniel à la technique.

